Les monuments remarqués par « La Costelle »

La Mairie

Histoire

Il en fallut du temps aux Fraxiniens pour qu'ils se bâtissent une mairie !

Pendant quelques siècles, les assemblées communales vadrouillèrent d'ici, de là, passant par les Halles (dont on n'a pas d'image, actuellement boulangerie Voinquel, voir votre article Une Maison de Caractère), la Costelle (on ne sait trop où), le Presbytère (Révolution oblige), et le Vicariat (à la place de l'école Chassard et Faivre) où se trouvaient l'École de filles et les habitations des Sœurs chargées de l'enseignement. Ne riez surtout pas ! Mais là se déroulaient aussi les adjudications des bois et, plus drôle, les conseils de révisions...

Le Vicariat, rue des Aulnes.

Il était donc nécessaire d'en finir avec une situation jugée à l'époque comme inconvenante. Encore fallait-il en avoir la ferme volonté et surtout sortir sa bourse ce qui ne semblait pas être l'avis des différents Conseils Municipaux qui vont se succéder de la Révolution à 1857. Par pingrerie probablement par manque de ressources et d'esprit d'initiative, ils avancent donc des idées qui n'aboutissent jamais.

C'est du moins ce qui semble apparaître à l'énoncé des différents projets qui vont de 1796 au projet final, en passant par celui de 1833 qui échoue par la faute de Claude Nicolas Batremeix qu'on exproprie pour la bonne cause et qui malgré cela, réussit à construire une maison d'habitation (Atelier Photo) là où aurait dû s'élever la future mairie.

Depuis longtemps, les bourgades vosgiennes de l'importance de Fraize ont déjà leur mairie et l'on pense à Bruyères, Rambervillers, voire Raon-l'Étape. L'orgueil des Fraxiniens doit en souffrir. Néanmoins, ce n'est que le 6ème projet qui va aboutir. 11 y a alors conjugaison d'une volonté, celle du maire Hyacinthe Masson, avec la décision de Nicolas Géliot d'accepter de vendre à la ville le terrain nécessaire à cette construction (3 ares 60). Ce terrain, où se dresse un vieux moulin, est utilisé les jours de foire aux bestiaux et de cochons en particulier. Ce qui fait dire aux détracteurs qu'il était indécent de faire côtoyer édiles et cochons, l'odeur de ces derniers étant en cause évidemment. Une seule condition est à remplir : ne pas obstruer le canal venant de la Meurthe et alimentant la roue à aubes de la filature en contrebas. Il faudra donc laisser courir ce canal sous la mairie, ce qui nécessitera un effort financier supplémentaire.

C'est par délibération du 10 mai 1854 que l'achat du terrain est accepté (8 000 francs) ainsi que le montant des ressources nécessaires à l'édification de l'Hôtel de Ville soit 40 000 francs, tant il est vrai qu'il faut en trouver le financement. Deux coupes en forêt communale dites d'éclaircie, auxquelles s'ajouteront des ventes de parcelles et des coupes affouagères, dégageront une somme de 50 000 francs environ.

La Mairie, peu après sa construction.

Commencés en 1856, les travaux s'achevèrent le 1er mai 1858. L'auteur du projet est un architecte d'Épinal, Mr Grillot, qui refusera d'assurer la surveillance des travaux « à cause de l'éloignement d'Épinal ». C'est un architecte de Saint-Dié, Mr Bruyant qui s'en chargera. Grillot prit en compte le plan de l'escalier que tout le monde connaît réalisé par Jean-Baptiste Haxaire, notre chroniqueur un peu touche à tout, qui ne manqua sûrement pas de mettre son grain de sel pendant le déroulement des travaux... Notre compatriote n'était pas peu fier de cet escalier qu'il mentionna dans ses chroniques, y ajoutant d'autres travaux qu'il réalisa, la menuiserie du clocheton par exemple.


Le grand escalier réalisé par Jean-Baptiste Haxaire.

On plaça en 1858 dans ce clocheton une horloge qui, au-delà de la sonnerie des heures, devait annoncer l'ouverture du marché. Cette horloge, payée 925 Frs à Mr Schwilgué de Strasbourg a été électriquement commandée à partir de 1954. Lors de la Libération de Fraize, en 1944, le dynamitage raté du pont occasionna quelques dégâts, mais hormis le clocheton et des vitres brisées, l'édifice ne souffrit pas beaucoup. Longtemps, sous les arcades encore ouvertes, se tint le marché couvert du vendredi. Après 1950, on ferma ces arcades pour y installer une conciergerie d'un côté et la Justice de Paix de l'autre.

La cheminée Ribeaupierre, rescapée de la maison Ribeaupierre.

Plus tard en 1992, la Justice de Paix ayant été supprimée, les services municipaux s'installèrent au rez-de-chaussée, pour un accès plus facile aux personnes âgées et aux handicapés et on supprima la conciergerie. La Mairie eut alors l'allure qu'elle a aujourd'hui. On doit enfin à Roger Délon l'installation, dans le hall d'entrée, de la cheminée au sceau des Ribeaupierre, pièce remarquable d'un patrimoine disparu...


Aujourd'hui

La Mairie aujourd'hui, vue depuis le pont fleuri sur la Meurthe.

 

 

Elle a maintenant 150 ans, et ses pierres de grès lui laissent encore les joues rosés. Si seulement, la vieille dame pouvait raconter tout ce qu'elle a entendu du cocasse au drame, du pire comme du meilleur !


Association « La Costelle », publié dans le bulletin municipal Fraize de décembre 2007.

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© La Costelle. Dernière mise à jour le 12/01/2013 à 08:12 
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