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Prosper Helle - Grand Hôtel

Il était superbe « le Grand Hôtel » ! Il ne fallut pourtant que deux ans à Prosper Helle, marchand de vin, installé rue de l'Église avant la famille Petitdemange, pour entreprendre et terminer la réalisation de cette imposante construction. Moins de deux ans ! Pour ceux qui ont connu cet établissement, ils auront bien du mal à y croire...

Avec son architecture, mêlant les styles « Art Nouveau » et « Second Empire », il imposait sa présence aux voyageurs qui, descendant du train de St-Dié, arrivaient à Fraize. Sur le fronton, on pouvait lire le nom du propriétaire « CAFÉ P - HELLE ». Sous le perron de l'entrée, une pierre en médaillon portant le monogramme PH devait sauter aux yeux des clients dès qu'ils arrivaient à l'hôtel. Quel narcissisme ! Prosper Helle espérait probablement faire de très bonnes affaires en le faisant construire. La frontière franco-allemande toute proche attirait la bourgeoisie nancéienne et même parisienne et le projet d'une caserne n'était pas étranger à celui de cette construction. N'allait-on pas, depuis Gérardmer, voir la frontière à la Schlucht ?

Il y avait l'espoir d'une clientèle aisée et, par conséquent, l'assurance d'une grande prospérité. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Inauguré en 1898, l'Hôtel était mis en liquidation avec tous ses biens, à la demande du propriétaire, en 1899. Malade, Prosper Helle mourut alors que l'avoué, le notaire et le greffier de justice procédaient, dans sa maison, à l'inventaire. Le jeudi 21 décembre 1899, on interrompit même l'opération pour permettre à sa famille de préparer ses obsèques... « Étant sept heures du soir et attendu le décès survenu à l'instant du Sieur Helle, Me Gérard (avoué) a requis la clôture de la présente vacation qui a été ajournée... »

Triste destin d'un homme qui en deux ans engloutit sa fortune, laissant une veuve sans le sou.

L'Hôtel retrouva un nouveau propriétaire en 1900, en la personne de Théodore Grandemange lequel le revendit en 1915 à un autre PH... Petitdidier Honoré.

Le Grand Hôtel finira mal puisqu'il fut démoli en 1984 pour laisser place à un supermarché.

Les pierres, les boiseries, les vitraux partiront ici et là, en Allemagne, ou ailleurs, ou tout simplement à la rivière. La pierre portant le monogramme qui dormait au bord de la Meurthe fut l'objet d'un article de presse en 1993. De nouveau oubliée, elle a été sauvée par « La Costelle » en décembre 2003. Grâce à l'aide de la commune, elle a été remise en état par l'entreprise Durand de Plainfaing et installée sur la place Jean Sonrel, en face du supermarché où l'hôtel se trouvait autrefois.

Il ne sert pas à grand-chose de pleurer sur le destin du Grand Hôtel. Il n'est plus là, c'est dommage mais tant pis ! Quant à Prosper Helle, cet audacieux entrepreneur, il n'est pas vain de lui rendre hommage en conservant son souvenir. PH est donc là tout près de chez lui, même s'il a pu longtemps se mesurer dans la rivière.

Aujourd'hui !

Association « La Costelle », juin 2004 (publié dans le bulletin municipal Fraize Infos N°39).

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© La Costelle. Dernière mise à jour le 12/01/2013 à 08:13 
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