Les célébrités honorées par « La Costelle »

Robert Pommier

Biographie

Robert Pommier est né à Fraize au 26 de la Rue du Docteur Durand le 1er février 1919 dans une maison qui n'a pas changé depuis que ses grands parents l'avaient fait construire.
Il est mort à Paris en 1961.

Robert Pommier à bord du navire polaire

Gaston Pommier, son père, qui était officier au 6ème BCA, se battit sur les crêtes des Vosges. Gravement blessé, ayant perdu un bras, il fit la connaissance d'une Fraxinienne, Léone Claudel (fille d'Élophe Octave Claudel connu sous le nom d'Octave le cordier), qu'il épousa en 1918. Après la guerre, Gaston Pommier regagna Paris d'où il était originaire avec sa femme et son fils. Le jeune Robert revint cependant régulièrement en vacances à Fraize, chez ses grands-parents, jusqu'à la disparition de la grand-mère en 1930. Une voisine, aujourd'hui très âgée, en conserve quelques souvenirs.

Après ses études à Beauvais, il seconda son père, gérant de meublés...

Dans les Alpes, à Bourg-Saint-Maurice où il se reposait après une grave maladie, Robert Pommier découvrit la montagne, la neige et le ski, et fut pris d'une passion qui ne le quitta jamais. Il s'engagea alors dans les Chasseurs Alpins et participa comme spécialiste des chiens de traineaux à la bataille de Narvik en Norvège en 1940.

Il épousa en 1952 une demoiselle Pathé qui lui donna une fille, Sophie.

La grande aventure des expéditions polaires commença en 1946 avec une expédition au Spitzberg en compagnie de Yves Vallette et J.A. Martin.

Nota : c'est le Docteur Eugène Neuzil, dont on déplore le décès récent, qui a attiré l'attention de La Costelle sur son ami d'enfance. Il était en effet entré en contact avec l'Association pour s'enquérir des racines fraxiniennes de Robert Pommier.

Les Explorations Polaires Françaises

Elles constituent l'une des plus formidables aventures humaines de l'après-guerre, et Robert Pommier en fut l'un des pionniers.

Le navire polaire

Alors qu'en juillet 1946, le fameux explorateur du Groenland Paul-Émile Victor y prépare une nouvelle expédition, trois jeunes passionnés de montagne, J.A. Martin, Robert Pommier et Yves Vallette, découvrent et atteignent le véritable sommet du Spitzberg. Un article de presse leur révèle l'existence de la Terre-Adélie dont la propriété revendiquée par la France est contestée par des Norvègiens. Ils constatent que depuis sa découverte en 1840 par Dumont d'Urville, aucun Français n'y est retourné. Ils convainquent donc Paul-Émile Victor de ne pas se limiter au Groenland et d'organiser la redécouverte de la Terre-Adélie : les Expéditions Polaires Françaises étaient nées.

Pour sa part, Robert Pommier participa à trois expéditions, d'abord sur le "Commandant Charcot" puis sur le "Tottan" à partir d'octobre 1951. Il y était particulièrement chargé des chiens et transports en traineau, équipements, photographie, optique athmosphérique...

La première dura six mois, du 26 novembre 1948 au 11 juin 1949. Elle fut un échec, à cause de la rigueur du temps due à l'arrivée trop tardive. La Terre-Adélie, pourtant visible à 35 miles, ne put être atteinte. Lire le témoignage de Raymond Samzun, quartier-maître de manœuvre à bord du navire "Commandant Charcot".

La seconde tira parti des enseignements. Elle quitta Brest le 20 septembre 1949, et connut diverses péripéties, dont le dramatique décès dû à une crise cardiaque d'un des "trois du Spitzberg", J.A. Martin (inhumé au Cap le 22 octobre). Toutefois, la côte fut atteinte, et le 20 janvier, 110 ans jour pour jour après Dumont d'Urville, une base fut fondée en un lieu que l'on nomma, en hommage au disparu, Port-Martin. Une fois cette base construite (simple baraque préfabriquée), le 8 février, le "Commandant Charcot" quitta Port-Martin en y laissant une équipe d'hivernage composée de onze membres (sous la direction d'André-Franck Liotard) dont les inséparables Robert Pommier et Yves Valette. En 1951, une seconde équipe de 17 hivernants, dirigée par Michel Barré, prendra leur relève. En 1952, alors que la nouvelle équipe vient de s'installer dans la base, un incendie se déclare le 24 janvier et détruit entièrement les installations de Port-Martin.

La troisième, en 1956, devait construire une base nouvelle, moderne, nommée Base Dumont d'Urville, dans l'Île des Pétrels dont le climat avait été jugé moins rude que celui de Port-Martin.

Sa mort précoce en 1961 l'a sans doute privé d'autres aventures.

Plusieurs sites traitent des Expéditions Polaires Francaises, notamment antarctica.online.fr/taaf/index.htm et www.aaepf.org/history/history_3.htm.

Philatélie

Carte postale datée de la base Dumont d'Urville

De nombreux timbres furent créés pour commémorer la création des Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), dont celui de 1994 qui est consacré à Robert Pommier où on le voit en compagnie d'un chien de traineau.


Timbre de 1951 représentant le
Le timbre en l'honneur de Robert Pommier datant de 1994

Bibliographie

Robert Pommier : Au delà de Thulé, sur la route des glaces, 1953. La Costelle en a offert un exemplaire à la bibliothèque de Fraize où il peut être consulté.

André-Franck Liotard et Robert Pommier : Terre Adelie 1949-1952, 1952.

 mais aussi :

Yves Vallette : Ceux de Port-Martin, 1993.

Yves Vallette : Carnet de notes Terre Adélie 1950.

J.M. Gibiat et G. Troispoux : Les 3 périples du "Commandant Charcot" en Terre Adélie.

Madeleine Liotard, Yves Vallette, Pierre Couesnon et Serge Kaahn : Journal de André-Franck Liotard, Chef d'expédition Terre Adélie 1950, 2006.

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© La Costelle. Dernière mise à jour le 12/01/2013 à 09:13 
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