Les célébrités honorées par « La Costelle »

Jean-Baptiste Haxaire

Le 19 novembre 2001, « La Costelle » publiait l'article suivant dans « l'Est Républicain » :

Jean-Baptiste Haxaire et sa caméra photographique stéréoscopique.

II y a 110 ans, mourait Jean-Baptiste Haxaire... Il est né alors que Napoléon venait de s'installer à Sainte-Hélène. Il a traversé tout le 19ème siècle, connu trois rois de France, un empereur et deux républiques. En cela, rien d'original.

Mais qui est donc Jean-Baptiste Haxaire pour qu'on s'intéresse à lui ?

C'est d'abord un menuisier ébéniste de talent à qui les Fraxiniens doivent, ainsi qu'à son frère Joseph, la chaire de l'église et le chemin de croix de l'église Saint-Blaise. Il réalisa également les plans du grand escalier de l'hôtel de ville ainsi que celui de nombreuses écoles et maisons de la région... Il s'exerça même à la photographie.

Tout cela est intéressant mais ne mérite guère que l'on en parle. Ce qui, par contre, l'est beaucoup plus, c'est qu'il a laissé de très nombreux carnets riches en informations locales permettant de suivre la vie quotidienne des «Fraisiens» (c'est ainsi qu'il désigne ses compatriotes, surtout à partir de 1870).

On y découvre, au jour le jour, l'arrivée des Prussiens à Fraize et dans les villages voisins en 1870, les peurs, les réquisitions, la lâcheté des uns, le courage des autres. Jean-Baptiste Haxaire se montre alors critique face aux élus locaux. Plus loin, il s'en prend au patronat local (Nicolas Géliot) à qui il reproche d'abuser des ouvriers : « aucun d'eux ne mérite le titre d'ouvrier, se sont des serfs... ».

On découvre aussi, en feuilletant ses carnets, que la petite délinquance existe dans la cité, tel ces jets de pierres contre les tombes du cimetière et l'église, ou que les mesures d'hygiène ne sont pas toujours respectées.

L'anecdote n'est pas non plus absente des carnets de ce concitoyen :

Ainsi donc, le lundi 16 décembre 1878, la neige est tombée en abondance sur les Vosges et le train qui doit, ce matin là, quitter Fraize pour Saint-Dié ne le peut guère.

On utilise donc une locomotive seule pour faire la « brisée », tandis que la trentaine de voyageurs patiente, bien au chaud dans la salle d'attente.

Après une demi-heure de déneigement, sur ordre du chef de gare, le train quitte enfin Fraize. Oui, mais... les voyageurs sont toujours bien au chaud à la salle d'attente. Monsieur le chef de gare les a oubliés. L'administration des Chemins de Fer de l'Est, qui alors administre le réseau, ne l'oubliera pas,... lui. Il devra démissionner quelques jours plus tard.

Cet événement n'a pas échappé à Jean-Baptiste Haxaire, en osmose permanente avec la vie de sa cité.

Photographe à ses heures, il a su mettre une caméra au bout de sa plume, pour le plus grand plaisir de tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de Fraize. Le 7 novembre 1891, il s'éteignait. Il n'avait posé sa plume que deux mois plus tôt.

« Consultez des textes de Jean-Baptiste et Joseph Haxaire »
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© La Costelle. Dernière mise à jour le 12/01/2013 à 09:13 
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